
Enguerrand II avait épousé une cousine
du roi : Agnés de Beaugency, et tenta de remédier à la
politique désastreuse de son cruel père, Thomas de Marle.
A l'ombre du premier donjon, déjà jugé imprenable, il
fit élever la chapelle du château dont les bases sont encore
visibles et constituent le vestige archéologique le plus ancien conservé
à Coucy.
Grand chasseur, il aurait poursuivi dans la forêt
de Prémontré, une bête féroce qui désolait
le pays. La légende la transforma en lion. Le
monstre aurait été tué sur le domaine de l'abbé
de Nogent-sous-Coucy.
En souvenir de cet évènement, l'abbé ou un représentant
venait rendre hommage au seigneur et verser une redevance qui donna lieu à
la bizarre cérémonie des "rissoles".
Le fermier de l'abbé rentrait par la porte de Laon monté sur
un cheval isabelle, la queue et les oreilles coupées. Il portait devant
lui un panier rempli de pâtisseries : les rissoles (mélange de
viande et de farine). Trois fois le fermier faisait le tour d'un lion de pierre
assis sur une dalle supportée par trois lions couchés.
Si la cérémonie se passait dans les régles, le fermier
recevait l'acte de son hommage.
La gravure d'Androuet du Cerceau et la table actuelle permettent de voir ces trois lions. Un lion dévore un enfant, l'autre un chien ; la table porte le " grand lion ". Devant cette table, les vassaux agenouillés juraient foi et fidélité à leur seigneur (suzerain).
