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Henri Jooris
est l’un des personnages les plus importants du football nordiste. Il
est d’abord secrétaire général de l’Olympique Lillois de
1911 à 1919, avant d’en devenir le président jusqu’en 1932. Officier
pendant la 1ère guerre mondiale, il devient le président
fondateur du Comité sportif des Régions Envahies. Puis, il préside la
Ligue du Nord de Football dès sa création en 1919. Enfin, il devient
vice- président de la Fédération Française de Football. Il multiplie
par ailleurs les fonctions dans différents clubs sportifs, parfois avec
un excès qui lui est alors reproché : président d’honneur de la
fédération nationale de Jeu de Paume, des ligues du Nord d’athlétisme,
de hockey, de basket-ball, de lutte, de la section cycliste de l’O.L.,
président du Groupement du Nord des Médaillés de l’Education Physique
et membre du Conseil Supérieur de l’Education Physique.
Henri Jooris est par ailleurs l’exemple même de ces patrons, en
général plutôt moyens qui investissent dans le sport et en font leur
cause. Il a hérité de son père la grande brasserie Excelsior et
la boulangerie industrielle l’Indépendante. Il gère en outre
quelques hôtels et quelques tavernes, comme administrateur de mutuelles. La
vie de l’O.L. finit par se confondre avec celle des entreprises Jooris :
les réunions et le siège social ont lieu au café Bellevue ou à
la taverne Excelsior, tous deux sous le contrôle du chef d’entreprise.
Henri Jooris est par ailleurs engagé politiquement à l’extrême
droite : il adhère et soutient les Jeunesses Patriotes, organisation
fondée en 1924 par Pierre Taittinger, député de Paris, pour faire
obstacle au Cartel des Gauches. Les Jeunesses Patriotes ont pris la
succession de la Ligue des Patriotes de Déroulède. Elles s’inspirent
dans les années 1930 des méthodes et des pratiques autoritaires des
régimes fascistes.
Les liens entre l’engagement politique et sportif de l’industriel
lillois sont classiques, bien avant la mise en œuvre de la politique du
gouvernement de Vichy. Le football apparaît à certains comme le sport
autoritaire par excellence. Dès 1901, le journal Tous les sports
le proclame : " La république, c’est très gentil en
politique, mais sur le terrain de football, il n’y a qu’une forme de
gouvernement qui soit capable de mener une équipe à la victoire : c’est
le césarisme, autrement dit le pouvoir absolu dans les mains du
chef ". De là, à y voir aussi la meilleure forme de
gouvernement ailleurs que sur les pelouses, il n’y a qu’un pas.
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Portrait d’Henri Jooris , Allez Lille. Lille Olympique Sporting Club,
octobre 1951

Papier à en-tête de La Grande Brasserie, coopérative de
Lille, 29 septembre 1938 et 28 septembre 1939, 149 J 540

Lettre des Jeunesses Patriotes, 25 octobre 1928, 149 J 529

Adhésion d’Henri Jooris aux Jeunesses Patriotes, 9 janvier 1935,
149 J 529

Lettre de l’Union des Sociétés Françaises de Sports
Athlétiques, 10 avril 1929, 149 J 521

Lettres au Réveil du Nord, 17 mai 1939, 149 J 522

Lettres de L’Intransigeant, 30 décembre 1938 et 6 janvier
1939, 149 J 524

Lettre de la Fédération Luxembourgeoise de Football, 2 juin 1939,
149 J 522
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