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LE NORD EN GUERRE
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Dans un premier temps, la priorité est
donnée au redémarrage des entreprises les moins touchées. LEtat leur fournit du
matériel récupéré en Allemagne afin de reprendre au plus vite la production. La
reconstitution industrielle est laissée à linitiative privée avec le concours le
plus large de lEtat (qui avance immédiatement 30% des estimations des dommages de
guerre) et des Chambres de commerce. Les banques anticipent lindemnisation et
prêtent généreusement aux entreprises dont le crédit est indiscuté. A Tourcoing, la
filature de coton Motte-Frères rouvre ses portes en juin 1919 et les usines textile
Tiberghien-Frères fonctionnent dès juillet de la même année. Dans les mines, les puits
les moins touchés reprennent leur exploitation dès lautomne 1919. Ailleurs, il
faut stopper linondation et pomper leau, reconstruire les voies ferrées et
les installations de surface et relever les chevalements à laide de mâts et de
treuils ou, si impossible, les refaire alors que lon manque cruellement de
poutrelles métalliques (on a recours au béton armé mais ces chevalements sont alors
très lourds). La fosse Gayant des mines dAniche nest remise en activité
quen 1925. A Douai, a été créé en 1920, le " groupement des
houillères du Nord-Pas-de-Calais " qui centralise et gère les acomptes de
lEtat pour les dommages de guerre afin daccélérer la reconstruction et de
limiter la concurrence étrangère, britannique notamment. Les mines du Nord retrouvent
dès 1924-1925 leurs résultats de 1912-1913, souvent avec des rendements supérieurs. De
nouveaux puits dextraction sont même ouverts comme à Lallaing (en 1923-1925),
Pecquencourt (1921) ou Lewarde (1927). Parallèlement, on construit de nouvelles usines de
transformation de la houille comme la cokerie dAuby ou les usines chimiques de
Waziers. Un intérêt particulier est porté aux centrales thermiques car la demande en
énergie électrique ne cesse de croître. A Valenciennes, la c
entrale totalement détruite est reconstruite en 1920.
" Lénergie électrique du Nord de la France " remet en route en
1919 sa centrale thermique de Wasquehal qui a beaucoup souffert de loccupation et
décide la même année la construction dune nouvelle unité à Comines, au bord de
la Lys, dune puissance de 150 000 KW qui est achevée en 1921. La société
Kühlman, après avoir remis en état ses installations les moins atteintes, profite de la
reconstruction pour adopter de nouveaux procédés de fabrication, une nouvelle
répartition géographique de ses usines françaises et pour produire de nouvelles
fabrications. Les meuniers sinistrés se regroupent en 1920 au sein de " la
Meunerie lilloise " et construisent une minoterie ultramoderne à Marquette, sur
les bords de la Deûle qui est mise en activité en juin 1923. Certaines industries comme
la brasserie et la distillerie ne se relèvent pas de la guerre ; la verrerie a du mal à
redémarrer.
Ces quelques exemples de reconstitution réussie ne doivent pas cacher que le profil industriel de la région a été restauré tel quavant la guerre. Les innovations sont rarissimes. Lindustrie est aussi peu diversifiée quen 1914. On remet en marche, tout en augmentant la capacité de production, les industries traditionnelles qui ont fait la richesse du Nord au XIXème siècle : le charbon, la métallurgie et le textile.
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