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LE NORD EN GUERRE
1914-1918
Pillages et réquisitions
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Au tout début de la guerre, on pense encore
quelle sera de courte durée. Aussi assiste-t-on à des réquisitions sauvages, les
soldats réquisitionnent tout ce qui leur est plus ou moins nécessaire au hasard de leurs
déplacements. Dès la fin de 1914, le système de réquisitions est organisé. Les
Allemands, recensent toutes les matières premières et les produits manuf acturés existant dans les territoires
occupés. En 1916, paraît à Munich le rapport sur lindustrie en France occupée
publié par le Grand Quartier Général qui dresse un état de toutes les branches
industrielles : mines, métallurgie, textile, chimie , les stocks et le matériel des
usines..., le bilan de lactivité, des destructions. Y sont analysées les
possibilités de pénétration de lindustrie allemande. Cet état a un double but :
éliminer les entreprises concurrentes et punir les usines qui refusent de travailler pour
les Allemands. En zones rurales, on recense tout le bétail, le grain, les pommes de terre , la paille ou le foin les surfaces
cultivées ou emblavées ... Auprès de chaque inspection détape, se trouve un
comité économique, chargé de lexploitation du pays, qui transmet aux différentes
kommandantur les réquisitions et impositions. Elles se font contre un bon de
réquisition, remboursable après la fin de la guerre ou par bons régionaux ayant valeur
de papier monnaie.
A partir de 1916, chaque maison doit dresser une liste de tout ce
quelle contient comme bien matériel et lafficher bien visiblement. Pour les
récoltes, le chef de culture estime à lavance les quantités devant être
produites. Les terres sont cultivées par leurs propriétaires et lessentiel de la
récolte est confisqué ou par des colonnes agricoles de travailleurs forcés. Tout est
bon à être réquisitionné : linge, meubles, matelas, bouchons de liège, vin, outils,
métaux, bois, ustensiles de cuisine, cuir, caoutchouc ... Pour récupérer les métaux,
les tuyauteries en cuivre des usines sont démontées, les statues et les cloches sont
fondues, le zinc des gouttières est récupéré ainsi que le fil de fer barbelé des
pâtures. On récupère la laine des matelas pour confectionner des uniformes; les forêts
sont dévastées, comme la forêt de Mormal ou celle de Raismes, pour boiser les
tranchées.
Réquisition des matelas à Lille 30 Fi guerre 14-18 / 328
Lusine textile de la Société dEsquermes-Lille vidée de ses machines 30 Fi
guerre 14-18 / 147 |