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LE NORD EN GUERRE
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Les otages doivent répondre de la
tranquillité de la population. Ils sont choisis la plupart du temps parmi les notables et
les élus. A Lille, au début de loccupation, 60 otages sont désignés par le Maire
et le Préfet. Répartis en 6 séries, ils vont coucher à tour de rôle à la Citadelle.
En cas dinfraction, toute une gamme de représailles sabat sur la population
des pays occupés, dont la dép
ortation de civils dans des camps allemands où ils reçoivent une
alimentation des plus sommaires (café dorge, riz, macaroni ou rutabagas, parfois
choucroute ou pommes de terre agrémentées dun morceau de fromage ou dun
hareng) Ils y sont astreints au travail des champs ou de lindustrie tandis que les
femmes soccupent de lintendance.
Lorsque les troupes françaises ont
pénétré en Alsace en 1914, elles ont emmené et interné en France les fonctionnaires
impériaux en poste dans les villes sous contrôle de lArmée française ainsi que
leur famille. Les Allemands dorigine -fonctionnaires, cadres industriels et
commerciaux, étudiants ou membres des professions libérales - ont été emprisonnés
dans différents camps de concentration français. Pendant toute la durée de la guerre,
des tractations ont lieu entre les deux gouvernements pour tenter de régler le sort des
Allemands internés. Afin de faire pression sur le gouvernement français, des
déportations dotages civils des régions occupées ont lieu en novembre 1916 et en
janvier 1918. Les otages sont choisis parmi les notables (le député Gustave Delory ou
Mme Calmette, des industriels comme les Wallaert, Leblan, Thiriez, Pollet, ou des
magistrats, des avocats ou des professeurs de médecine ...). Les déportés de novembre
1916 -300 pour le Nord- ont tous -hommes et femmes - été internés au camp
dHolzminden, petite ville de 10 000 habitants située dans le duché de
Brunswick. Cest un camp de prisonniers de guerre civils, installé à la
périphérie de la ville édifié pour pouvoir héberger 10 000 personnes. Dès 1914, y
ont été internés tous les ressortissants des pays belligérants ainsi que les
Allemands indésirables. Le camp comporte une centaine de baraquements
et est entouré par une enceinte de 2 mètres de haut dominée par des miradors. Les
conditions de vie ny sont pas effroyables même si les déportés souffrent de leur
isolement, de privation et de brimades légères. La discipline y est très stricte et la
punition courante est le " poteau " : lhomme attaché par le
cou, pieds et mains liés derrière le pieu, est privé de nourriture et reste ainsi lié
pendant deux heures. Ces premiers otages sont rapatriés en avril 1917, après 6 mois de
détention. Toute autre semble avoir été la deuxième déportation de 1000 prisonniers
civils (600 hommes et 400 femmes) de janvier à juillet 1918. Si les femmes ont de nouveau
été internées à Holzminden, les conditions de détention semblent sêtre
détériorées. Les déportées témoignent du manque dhygiène, de revues
dappel interminables sous la pluie, du manque de nourriture. Les hommes quant à eux
sont internés en Lithuanie dans les camps de Milejgany, Jewie et Roon où ils souffrent
du froid intense, du manque de nourriture et deau potable, des conditions précaires
dhébergement, de la vermine et des humiliations. 26 otages trouvent la mort en
Lithuanie, morts de froid, de faim, par manque de soins ou dévorés par les rats.
Les otages de la municipalité lilloise emmenés à la Citadelle, 10 octobre 1914 15 Fi
946
Vue générale du camp dHolzminden 15 Fi 1322
Les otages du Nord au camp dHolzminden 15 Fi 213
Sommaire/La mobilisation /Exode des populations /Le siège de Lille /Le poilu /Les grandes batailles du Nord /pillages et réquisitions /La malnutrition et le comité d'alimentation du Nord /Otages et déportation /L'explosion des Dix-Huit Ponts /le cantonnement allemand /La presse allemande /Vivre à l'allemande, les loisirs /Exhibition de prisonniers de guerre /Parades militaires /Les bombardements /Réfugiés /Evacuation forcée et terre brûlée /Libres ! /L'enfer du Nord /Remise en état du sol /Les voies de communication /Reconstitution industrielle /Le problème du logement /La reconstruction urbaine : l'exemple de Cambrai /La reconstruction urbaine : l'exemple de Lille /Le monument aux morts de Lille