|
LE NORD EN GUERRE
|
Pendant la guerre, les habitants des communes de la ligne de front ont été évacués vers larrière; ils ont généralement été incorporés dans des colonnes agricoles ou ouvrières. Au moment de la retraite, sur ordre du Grand Quartier Général, les allemands emmènent avec eux tous les habitants. Ainsi, à Douai, la population
est évacuée du 2 au 4 septembre 1918, vers Mons puis Bruxelles. Le 9 octobre 1918, Mons héberge environ 5000 réfugiés du Nord dans des locaux réquisitionnés ou chez lhabitant. Ils ont fait le voyage à pied pour la plupart, par étapes de 20 km par jour. Les malades des

La rue de Noyon et la
cathédrale pendant lincendie de Cambrai
15 Fi 592
hôpitaux sont, eux, évacués par bateaux. Lévacuation de Cambrai vers Valenciennes puis Liège ou Malines, commence le 8 septembre 1918 et dure 3 jours, le centre-ville étant ensuite incendié volontairement. En octobre 1918, Haubourdin est évacué et un quartier brûlé; les habitants dAniche sont, également dirigés vers la Belgique ou les Pays-Bas, comme ceux de Condé, Valenciennes, Fresnes, Denain, Bruay ou Anzin. Tous ces évacués propagent la grippe espagnole qui trouve un terrain favorable parmi une population fragilisée par la malnutrition.
Tout ce qui reste comme bâtiments ou matériel industriel est incendié ou dynamité. Dans les mines, les installations de surface (station de pompage, générateur, machine dextraction) sont, soit démontées, soit détruites à lexplosif. Les galeries sont noyées et les puits dynamités. Larmée allemande fait également sauter les ponts, les voix ferrées afin de gêner la progression des Anglais. Dans le Valenciennois, les Allemands inondent les marais de lEscaut à Trith-Saint-Léger ou à Maing et la basse ville de Valenciennes est envahie par les eaux, tandis que lincendie ravage le quartier du faubourg de Paris. Cambrai est libéré le 9 octobre par les Canadiens, Douai le 17 et Valenciennes le 2 novembre. Les Anglais reprennent Lille, le 17 octobre et atteignent Avesnes et Maubeuge le 10 novembre. Le 7 novembre, les plénipotentiaires allemands franchissent les lignes françaises pour demander larmistice qui est signé le 11 novembre.
Sommaire/La mobilisation /Exode des populations /Le siège de Lille /Le poilu /Les grandes batailles du Nord /pillages et réquisitions /La malnutrition et le comité d'alimentation du Nord /Otages et déportation /L'explosion des Dix-Huit Ponts /le cantonnement allemand /La presse allemande /Vivre à l'allemande, les loisirs /Exhibition de prisonniers de guerre /Parades militaires /Les bombardements /Réfugiés /Evacuation forcée et terre brûlée /Libres ! /L'enfer du Nord /Remise en état du sol /Les voies de communication /Reconstitution industrielle /Le problème du logement /La reconstruction urbaine : l'exemple de Cambrai /La reconstruction urbaine : l'exemple de Lille /Le monument aux morts de Lille