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LE NORD EN GUERRE
1914-1918
L'enfer du Nord


 

Le 11 novembre 1918, le Nord offre un spectacle de désolation et le tableau final des destructions dépasse toutes les prévisions. En décembre, l’envoyé spécial du Morning Post décrit ainsi Lille : " une ville morte, à l’extrémité d’un désert " et les journalistes suivant la première course cycliste Paris-Roubaix d’après-guerre parlent " d’enfer du Nord ". Des villes, des villages entiers ont été anéantis et ne sont plus que des tas de gravats. Pendant plus de 4 ans, le Nord a connu l’exploitation méthodique de toutes ses ressources tant économiques qu’humaines. Aux destructions dues aux combats et aux bombardements, s’ajoute la mise à sac des bâtiments, des entreprises et des moyens de transport. L’occupant a procédé à une éradication de la base industrielle de la région. 53 107 immeubles ont été détruits et 210 000 endommagés ; 7384 usines ont été saccagées et laissées à l’état de squelettes métalliques ; 8849 km de routes et 1459 km de voies ferrées sont à refaire ; 1249 ponts ont sauté. Il n’y a plus que 4 chevalets de mines debout sur 107 avant-guerre. Le Nord a perdu 9 % de sa population. Plus de 400 000 ha de terres sont à nettoyer : il faut y retirer 4700 km de fil de fer barbelé, combler 7850 km de tranchées. En " zone rouge ", une balafre d’une trentaine de km de large qui marque la ligne de front, la terre est polluée par les gaz, constellée de trous de bombes, d’obus éclatés ou non, de sapes, de mines, de cadavres et plus de 6000 blockhaus en béton armé parsèment la campagne. Les eaux ont envahi les parties basses et les ont transformées en marécages. Ailleurs, chardons et herbes sauvages donnent à la région un aspect de steppe. Le matériel agricole et le cheptel ont été perdus, envolés ou détruits. Les forêts ont été rasées, soit par l’artillerie soit par abattage systématique du bois destiné à étayer les tranchées. La forêt de Nieppe est aux ¾ détruite, la forêt de Fourmies a été saignée à blanc, celle de Saint-Amand a été rasée sur 3000 ha et le bois de Phalempin coupé aux 2/3. La forêt de Marchiennes n’existe plus et est envahie par les eaux. La retraite allemande a consommé la perte de ce qui restait de la forêt de Mormal. Malgré la paix revenue, la population du Nord va rester encore pendant de longs mois isolée du reste de la France : voies de communication rompues, ponts et écluses détruits, chemin de fer -voies et matériel- détruits.

 

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Ruines de Bailleul
15 Fi 504

 

 

 

 

 

Ruines de la fosse Notre-Dame des mines d’Aniche

15 Fi 327

 

 

 

 

Ruines de Merville

15 Fi 1018

 

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