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Femmes, travail, famille à Fourmies |
C) Vichy, Fourmies et la famille.1) Quelques rappels…Comme toutes les villes françaises à cette époque, la Mairie de Fourmies reçoit des directives du gouvernement de Vichy en faveur de la famille. En effet, la famille représente un des piliers de la politique du régime, dont la devise est « travail, famille, patrie ». La femme se retrouve donc au centre de cette politique et de la propagande qui en découle. Mais c’est la femme qu foyer que Vichy prône. L’idée n’est de toutes façons pas arrivée avec le maréchal Pétain. Elle a été largement diffusée depuis les années 1920 et surtout dans les années 1930. En effet, après la Première Guerre Mondiale, le pays est à reconstruire et pour cela il faut une population jeune et dynamique pour remplacer la génération décimée par la guerre. Des mouvements natalistes font donc entendre leur voix, notamment la fameuse alliance nationale pour l’accroissement de la population française, dirigée par le Docteur Bertillon. L’idée que la femme doit rester au foyer trouve beaucoup de relais dans les années 1930, alors que la crise économique bat son plein et que le chômage se fait sentir. Un projet d’interdiction du travail féminin est même présenté par les sénateurs belges en 1933 non loin de chez nous !! De même, les ouvrières sont largement incitées à rester chez elles. Se développe dans le même temps un courant qui veut faire de la Mère au foyer un métier à part entière. On y retrouve notamment les travaux de Paulette Bernège. Celle-ci, relayée par beaucoup, va influencer le développement des nombreuses écoles ménagères. La politique de retour de la femme au foyer voit son apogée dans le Code de la Famille de 1939. Lorsque le gouvernement de Vichy interdit le travail des femmes mariées fin 1940, c’est l’apogée de tous ces mouvements. Mais le régime doit faire volte-face en 1942 et fait appel aux femmes dans les industries d’armement, mais aussi pour le STO, comme nous l’avons vu plus haut. 2) Les actions mises en place par la Mairie de Fourmies.Voici la liste des différentes œuvres mises en place par la Mairie de Fourmies entre 1940 et 1944 : 1. Réouverture de la maternité municipale 2. Garderies de vacances 3. Carte nationale de priorité 4. Médaille de la famille française 5. Allocation pour les femmes en couche et allaitement maternel 6. Réouverture de l’école ménagère 7. Aide aux familles de prisonniers 8. Promotion des jardins pour suppléer au rationnement 9. Secours divers, organisés par la Mairie de Fourmies en 1941 : Carte provisoire d’achats de vêtements et textiles, carte d’achat pour la layette, carte de vêtements pour les enfants de 1 à 3 ans 10. Cartes de lait : pour les enfants de moins de 6 ans, pour les femmes enceintes, pour les femmes allaitant et pour les malades.
La maternité.« Avis à la population : Le Maire porte à la connaissance de la population que la Maternité municipale est réouverte et il engage fortement les futures mères à utiliser ses modernes installations qui répondent à toutes mes conditions de confort et d’hygiène. Les consultations prénatales sont données chaque jour, de 11h à midi, par Mlle D. , sage-femme diplômée. Les consultations ders nourrissons reprendront à partir du jeudi 19 septembre 1940.[…] Ainsi se rétablissent les œuvres que la Ville avaient créées dans le but de sauvegarder l’existence des mères et de enfants . » AMF, H52 ( 1 )
Les garderies de vacances.« Le Maire informe les familles que des garderies de vacances fonctionneront dans les écoles de la Ville, à partir du lundi 2 septembre 1940 et pendant le mois de septembre : de 9h à 11h pour les garçons et de 14h à 16h pour les filles. Les parents ont le plus grand intérêt à y envoyer leurs enfants d’âge scolaire afin de les soustraire aux dangers de la rue et aux mauvaises fréquentations » 30 août 1940, AMF, H52 ( 1 ) La médaille de la famille française.Loi du 26 juin 1941. Médaille de bronze : mères de nationalité française qui ont eu 5 enfants légitimes simultanément vivants. Médaille d’argent : mères de nationalité française qui ont eu 8 enfants légitimes simultanément vivants. Médaille de vermeil : mères de nationalité française ayant eu 10 enfants vivants ou qui ont vécu en même temps. AMF, H52 ( 1 ) L’école ménagère.« Réouverture de l’école ménagère, dès le mercredi 22 octobre 1941, dans le bâtiment de la rue Jean Jaurès affecté à l’école ménagère ( 1er étage du bureau de police ). Cet enseignement s’adresse aux jeunes filles âgées de plus de 14 ans, qui désirent s’initier aux travaux de ménage. Il comprendra des cours de repassage, coupe, couture, hygiène et puériculture, cours thématiques de cuisine et d’enseignement ménager. Ces cours auront lieu le mercredi de 17h à 19h et le samedi de 14h à 19h. Les inscriptions sont prises par Mlle R., directrice de l’école ménagère.[…] Les études seront sanctionnées par des examens de fin d’année et par la délivrance d’un diplôme officiel aux élèves qui auront obtenu la moyenne des points. » 10 octobre 1941, AMF, H52 ( 1 )
3) Un cas particulier : la carte nationale de priorité.Extraits de la loi du 14 août 1940. Seules ont droit à cette carte :
Se munir pour les différents cas :
Sur la carte de priorité. Lettre manuscrite, 26 avril 1941 « M. Le Maire, Pourriez-vous intervenir au sujet des cartes de priorité ? Car c’est un fait certain que toute personne se présentant chez un commerçant quelconque et qui est possesseur d’une carte de priorité se fait insulter et les pires insultes encore par les autres personnes ne pouvant avoir de carte de priorité, sous prétexte que les bénéficiaires de ces cartes ne font pas la guerre et que si vous ne mettez pas un obstacle à toutes ces méchancetés il va se produire sous peu des bagarres entre toutes ces personnes. D’ailleurs ce matin nous étions plusieurs mères de familles nombreuses comme on en voit trop peu maintenant et imaginez que c’est toujours ceux qui n’ont pas d’enfants et presque pas qui injurient les autres. D’ailleurs c’est un droit et non une faveur que ces cartes nous donnent alors nous le conservons avec juste raison car dans les grandes villes ce sont les cartes qui passent les premières à tout. Veuillez recevoir M. Le Maire les remerciements de plusieurs mères de famille qui se diront d’accord avec toutes les autres pour vous avertir de ce qui se passe. » Avis de ma mairie, 28 avril 1941 « Des mères de famille titulaires de la carte de priorité instituée par la loi du 14 août 1940 se plaignent à juste titre de subir fréquemment les vexations et les insultes de personnes qui n’ont pas encore compris que les charges qu’accepte ma mère de famille lui confèrent des avantages reconnus par la loi entre autres celui d ’être servie en priorité aux guichets des administrations et des magasins. » 23 novembre 1940, AMF, H52 ( 1 )
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