LA VIE ASSOCIATIVE À FOURMIESUn intense mouvement associatif |
QUELQUES ASSOCIATIONS
INSCRITES DANS LA MEMOIRE COLLECTIVE Cette société dite « anacréontique » est riche d’un brillant passé avec le souvenir de ROBESPIERRE et de Paul VERLAINE.
ROSATI : ce mot, qui figure dans les dictionnaires et les encyclopédies, est l’anagramme d’ARTOIS. En effet, c’est dans u petit village de l’Artois, du nom de BLANGY, près d’ARRAS, que les Rosati ont vu le jour. En ce temps là, le lieu était très verdoyant, on y cultivait des roses. Le 12 juin 1778, ce fut donc l’endroit choisi pour une réunion amicale et champêtre, par un groupe de jeunes gens joyeux et cultivés. Comme les muses, ils étaient 9, tous animés par une réelle joie de vivre, en bons épicuriens et disciples d’Anacréon, poète grec qui était déjà vénéré par PLATON. Ils célébraient la poésie, la rose, le bon vin, les chansons, les bons mots. Ils aimaient la Simplicité, la Gaieté et la Beauté. Après avoir bu, chanté, déclamé des poèmes, et plaisanté sur toutes sortes de sujets, cette journée leur parut magnifique et l’un d’eux s’écria : « Amis, qu’un si beau jour renaisse tous les ans, et qu’on l’appelle : La Fête des Roses ! ». Ainsi naquirent les ROSATI.
L’écho de cette fête se répercuta dans la société des gens cultivés. On vit alors arriver des personnages comme Maximilien ROBESPIERRE, Lazare CARNOT, ou FOUCHÉ. Puis à PARIS sous le Directoire, apparut la première « réplique » du cénacle arrageois. Etre Rosati devint donc un grand honneur, puisque le Cercle était assez fermé. L’entrée dans la société se fit sous forme d’intronisation, appelée « rite du Cousin Jacques », de son vrai nom BEFFROY de REIGNY (1757 – 1881), journaliste à succès et auteur de comédies. Le futur Rosati est d’abord présenté par son parrain rosatique dans un discours public. Ensuite 3 gracieuses ballerines viennent à lui pour l’offrande et la célébration de la rose, du vin et du baiser rosatique. Il est ensuite présenté par le directeur à chacun de ses nouveaux « frères et sœurs Rosati » ; et enfin toute l’assemblée entonne l’hymne rosatique, « Ecoute ô mon cœur », dont l’auteur-compositeur est Marcel LEGAY. En 1904, les Rosati décidèrent de distinguer d’une Rose d’Or les personnalités ayant œuvré pour faire connaître et aimer notre Région, dans les domaines des arts des sciences et des lettres. Au fil des ans, des célébrités nationales furent intronisées. Citons parmi celles-ci, des gens de lettres, Paul ADAM, Pierre MAC-ORLAN, Jean RICHEPIN, Pierre-Jean JOUVE, Germaine ACREMANT, Maurice FOMBEURE, Jules MOUSSERON, André STIL, Jacques DUQUESNE, le chanteur Julos BEAUCARNE, Ronny COUTTEURE, le chef d’orchestre Jean-Claude CASADESSUS, le conservateur en chef des musées nationaux René HUYGHE, les peintres CAROLUS-DURAN, Henri HARPIGNIES, Henri LE SIDANER, CARRIER-BELLEUSE, Lucien JONAS, etc… Plusieurs fois par an, les Rosati se réunissent. Leurs repas et réunions sont animés de joutes poétiques, de débats, d’hommages, ou de spectacles. Toutefois, ces gens d’esprit prennent garde de ne pas se prendre trop au sérieux. Le plaisir prévaut toujours sur la vanité et l’humour sur les convictions. C’est dans ce contexte que sont organisées tous les ans, LES JOUTES POETIQUES DE LA FRANCOPHONIE. En 1902, la société dénommée : « LES ROSATI DU HAINAUT, DE LA THIERACHE, ET DU BRABANT » avait constitué un comité dont les représentants étaient : POL BILLAUDEL chancelier JOSEPH DELVAUX secrétaire PAUL BOMBLED trésorier
les membres étaient : DESIRE BARAS – ALFRED OMER PINCHART – FERNAND ROUSSEL EDOUARD HANNECART et MICHEL LETELLIER qui avait pris pour pseudonyme « LARATTE-H » Tous étaient écrivains ou versificateurs. Chaque année, il y avait un concours littéraire et musical avec un prix du Ministère de l’Instruction Publique (ordinairement un vase de Sèvres). Les « ROSATI » se plaisaient à organiser des séances littéraires, musicales et artistiques. Ils faisaient tous leurs efforts pour garder à la cité ses anciennes traditions et ses habitudes locales (Jour de l’An, Carnaval, Ducasse, jeux de boules, de pièces…). Les « ROSATI » ont laissé deux revues composées par Michel LETELLIER, poète et chansonnier patoisant alias LARATTE H. vers 1903-1904. Dans un patois pétillant, elles traduisent la psychologie de l’ouvrier fourmisien (le fileur, le rattacheur, la soigneuse de préparation…). La lecture de ces œuvres révèle par une plume sensible et un style très pittoresque certains aspects de la vie sociale, professionnelle, des loisirs et des inquiétudes de la société de cette époque. On y note l’amour du Fourmisien pour son patois : I sont vraiment d’no grand village I z’in conservtté l’vrai langage Eyé ne vié patois joyeux… Ils sont également les incitateurs et organisateurs de la foire commerciale de 1910. Ils disparurent avec la dispersion occasionnée par la Guerre de 1914.
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