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Avant leur arrivée à Cassel, en 1612, six ou huit hommes tout au plus communiaient en dehors de Pâques. Sous l'action des jésuites auprès des familles nobles, dont ils étaient les confesseurs, et par leurs missions dans les paroisses du territoire de la châtellenie de Cassel, la pratique religieuse reprit de la vigueur. Le nombre de communions atteint 38 000 en 1671. De nombreux fils de la noblesse rejoignirent les jésuites. Ainsi, François de Montmorency (neveu de Nicolas de Montmorency, comte de Morbecque, qui contribua à leur installation à Cassel), comte d’Estaires et 23e prévôt de Saint-Pierre, devint membre de la Compagnie de Jésus en 1628.

Le recteur; directeur du collège des jésuites, Charles Scabaille, est vêtu de la soutanelle. Il est représenté accompagné d’un prêtre, l'aumônier de l'école, appelé “ministre”.

 

Les jésuites portèrent aussi leurs efforts sur l’enseignement afin d’étendre leur influence sur les enfants des bonnes familles. Ceux-ci, à leur tour exigeaient de leurs parents une pratique régulière et stricte de la religion catholique. Au début les lessons étaient données chez des particuliers.

 

Afin d’honorer les fondateurs de leur collège, à savoir le haut-justicier et les collégiaux de la châtellenie, les jésuites leur remettaient solennellement chaque année un grand cierge aux armes de la châtellenie.

Les jésuites à Cassel

La canonisation de Ignace de Loyola et François-Xavier, son disciple, fut prononcée en 1622. En 1661, le Père Jean Blocklandt, député par la Province Flandro-belge à Rome pour l’élection d’un nouveau Général de la Compagnie, rapporta une relique, un fragment du bras droit de François-Xavier. Un miracle eut lieu peu après qui attira des foules considérables de pèlerins à Cassel. Dix ans plus tard une confrérie fut fondée qui se plaça sous la protection de François-Xavier. Devant le succès de la neuvaine qui commençait le 2 décembre et afin de répartir les pèlerins sur une période plus longue, une deuxième neuvaine fut créée à partir de 5e dimanche après la Pentecôte. François-Xavier devint même par la suite le saint-patron de toute la châtellenie à l’occasion d’un épidémie de peste qui menaçait Cassel.

En 1679, peut-être à l’occasion du décès de son épouse qui eut lieu cette année-là, le comte d’Izeghem et de Meteren, alors haut-justicier de la châtellenie, fit don d’une châsse d’argent, un bras droit plus grand que nature dont la main brandissait un crucifix de vermeil, couvert de fleurs de lys avec une inscription en lettres d’or: «Fecit potentiam in brachio suo». Il était fixé sur un socle avec pieds en argent de cinq pieds de haut. Le même notable offrit un peu plus tard un buste d’argent ciselé représentant François-Xavier. Ces reliquaires ont disparu depuis, comme à peu près tout souvenir des jésuites.