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LA COURSE AUX GRANDS PROJETS

L'ÉCHAPPÉE SPORTIVE

Paris-Roubaix, l'enfer du Nord Roubaix, roi du sport

 

La course cycliste Paris-Roubaix connaît des débuts controversés en 1896 : la route exténue les coureurs et leur fait prendre trop de risques. Elle s’impose cependant au début du siècle comme l’une des grandes classiques du genre. Le journal l’Auto en devient l’organisateur.

La 1ère guerre mondiale l’interrompt. Mais la première édition d’après-guerre l’élève au rang de mythe. La course traverse les régions dévastées par les combats : villes détruites, campagnes labourées par les bombardements… l’enfer du Nord est né. L’expression fait fortune et finit par désigner non pas les ravages de la guerre mais un réseau routier marqué par les pavés.

Dans l’entre-deux-guerres, la compétition devient de plus en plus commerciale. A partir de 1935, l’arrivée, qui avait lieu jusqu’alors avenue Gustave Delory, est transférée dans une enceinte fermée et payante : le stade Amédée-Prouvost, l’hippodrome du Croisé-Laroche… Jean Lebas, maire de Roubaix, soucieux de conserver à l’épreuve son caractère populaire, crée le Paris-Roubaix travailliste, toujours ouvert au public, et fait construire la piste de bois du parc municipal des sports.

Au-delà d’une telle péripétie –le Paris-Roubaix travailliste ne survit pas à la seconde guerre mondiale-, ce sont deux conceptions du sport qui s’opposent : l’une orientée vers le spectacle et le profit et l’autre soucieuse de développer un sport de masse.

Paris-Roubaix
Un secteur pavé du Paris-Roubaix, 1956, photographie archives de la Voix du Nord