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LA COURSE AUX GRANDS PROJETSL'ÉCHAPPÉE SPORTIVE |
| Georges Hébert et la méthode naturelle | ||||
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Georges
Hébert a exercé une influence majeure sur le développement de l’éducation
physique. Ancien officier de marine, il crée avant la 1ère
guerre mondiale le collège des athlètes de Reims, dont il définit les
principes d’éducation physique et dont il dessine les installations en
fonction des exigences de sa méthode.
Il rejette la sclérose de la gymnastique médicale et de la méthode suédoise, qui lui semblent peu capables de développer harmonieusement le corps humain et surtout de le préparer aux exigences morales de la vie. De la même façon, en valorisant, à l’excès, la compétition et la performance, le sport détourne l’éducation physique de ses fins physiologiques et morales. Pour Georges Hébert, influencé en cela par Jean-Jacques Rousseau, seule l’observation de la nature peut conduire l’homme aux vraies méthodes du développement physique. " Le but final de l’éducation physique est de faire des êtres forts. Dans l’ordre purement physique la force consiste, d’une part, à posséder un certain nombre de qualités : résistance organique, muscularité, vitesse, adresse, (…) ; d’autre part, à pouvoir suffisamment marcher, courir, sauter, progresser en quadrupédie, grimper, cheminer en équilibre, lancer, lever, se défendre, nager,…(…) Dans l’ordre viril, la force consiste à posséder suffisamment d’énergie, de volonté, de courage, de sang-froid, de fermeté…(…) Dans l’ordre moral, la force peut tout aussi bien consister à faire le mal que le bien. Un gredin et un être vertueux sont également forts moralement, mais pour des buts opposés. L’éducation, en élevant les sentiments, oriente ou maintient la force morale dans une voie utile et bienfaisante. La vraie force, dans son acceptation la plus large, doit être envisagée comme la résultante de ces trois forces particulières ; c’est une synthèse physique, virile et morale. Elle réside non pas seulement dans les muscles, le souffle, l’adresse,…, mais avant tout dans l’énergie qui l’utilise, la volonté qui la dirige ou le sentiment qui la guide. " L’influence de Georges Hébert ne cesse de s’accroître entre les deux guerres, donnant sa spécificité à l’éducation physique française sur le Turnen allemand du 19e siècle et sur le sport anglo-saxon. Sous le régime de Vichy, la méthode naturelle devient la doctrine officielle en matière d’éducation physique et plus généralement d’éducation tout court, suivant le principe que c’est l’amollissement physique et moral du pays qui l’a entraîné dans la défaite.
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![]() Georges Hébert, L’éducation physique et morale par la méthode naturelle, T.1, 1942, planche 167-168 |