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De nombreux
incidents rapportés dans les procès démontrent que le jeu n’est pas
seulement une activité interdite, mais qu’au contraire elle est
tellement importante qu’elle ne saurait échapper aux autorités.
Ainsi le droit de jeter le premier coup de quilles lors de la ducasse
est considéré comme un honneur, dont le titulaire ne veut pas se
séparer. Par exemple le prélat de l’église et abbaye de Liessies en
appelle directement au roi de Castille pour que son mayeur continue à
lancer le premier coup.
Les conflits se règlent parfois devant la justice. Tel est le cas de
la partie de quilles qui oppose les habitants de Felleries à ceux de
Flaumont et qui se termine devant le tribunal du bailliage. Les plaignants
produisent même la marque, qu’un mayeur ou arbitre, désigné au
préalable par les joueurs, tient tout au long de la partie. Les officiers
du bailliage donnent finalement raison aux plaignants. Divers témoignages
montrent que le respect des règles établies pour les compétitions est
de plus en plus grand. La tricherie est condamnée par les tribunaux et
non plus le jeu lui-même comme fauteur de troubles.
De semblables pratiques démontrent la civilisation des mœurs ;
la violence n’est plus la seule réponse possible aux relations
personnelles. Le jeu est un médiateur social.
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Procès contre les habitants de Flaumont pour une balle d’argent mise en
enjeu au jeu de quilles, 20 juin 1769, 9 H 135

Lettre de maintenue de l’abbaye de Liessies dans le droit de
jeter le premier coup de quilles le premier jour de la ducasse de
Sart-les-Moines, 6 octobre 1661, 9 H 2518 / 1476
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