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LE JEU AVANT LE SPORT

L'ÉCHAPPÉE SPORTIVE

Le tournoi

 

Les chevaliers dominent l’art de la guerre au Moyen Âge. Lourdement équipés, ils doivent s’entraîner régulièrement pour supporter la charge que constitue le haubert puis l’armure, pour conduire le cheval et enfin pour manipuler avec aisance la longue épée.

Le jeu de quintaine prépare le combattant. Il a été utilisé dans les académies d’armes jusqu’au 17e siècle. Un mannequin, la quintaine, est fixé sur un pivot. Lorsque le cavalier vient le frapper avec sa lance, il tourne sur lui-même et projette une masse d’armes sur le jouteur maladroit.

Le tournoi est plus exceptionnel ; il complète cependant la préparation physique des chevaliers. Son importance s’accroît au fur et à mesure que la chevalerie perd son importance militaire aux 14e et 15e siècles. Il devient un rituel des grandes cérémonies : rois et princes s’y adonnent avec ardeur. Le roi de France, Henri II meurt accidentellement en 1559 d’un coup de lance au cours d’un tournoi.

Dans le Nord, la passion des tournois se confond avec l’apogée des états bourguignons au 15e siècle. Philippe le Bon et Charles le Téméraire veulent déployer une magnificence chevaleresque face à la monarchie française surtout préoccupée d’affaiblir et de mettre au pas ses adversaires et ses vassaux. Dans ce but, Philippe le Bon crée l’ordre de la Toison d’Or et déclare la croisade au banquet du Faisan à Lille en 1454. L’idéal chevaleresque est appelé en renfort d’un état qui se construit.

Soucieux de plaire à leur prince, les bourgeois de Lille organisent les fêtes de l’Epinette, tournoi où se rencontrent chaque année les champions de la chevalerie et ceux de la cité. Le roi de l’Epinette se doit non seulement d’organiser les joutes mais aussi de prévoir des banquets aux menus flamboyants : cygne, poire à l’hypocras, vins de Bourgogne…

Dès la fin du 15e siècle, après la mort du Téméraire, le tournoi disparaît d’une part pour des raisons financières –plus personne à Lille n’a les moyens de faire face aux dépenses- et d’autre part pour des raisons idéologiques : l’indépendance des chevaliers n’est plus le souci des nouveaux souverains des Pays-Bas.

Le tournoi
 Scène de tournoi, B 1562, 3e de couverture, 14e siècle

La fête de l'Epinette
La fête de l’Epinette à Lille 1435-1447, B 7662, 157121