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La tentation
est grande pour les autorités en place d’interdire la pratique des
jeux, source de désordre public mais aussi objet de réprobation pour les
autorités religieuses.
L’Eglise, en effet, considère le jeu au mieux comme un
divertissement futile qui éloigne le fidèle des préoccupations de l’au-delà,
au pire comme une invention du Malin.
A la fin du 15e siècle et au début du 16e
siècle, les ordonnances se multiplient qui interdisent non seulement les
jeux de hasard : les dés ou les cartes, mais aussi les jeux de plein
air. Leur fréquent renouvellement montre à la fois l’insuffisance des
moyens de répression d’une part, et surtout la grande popularité des
jeux d’autre part.
L’offensive se heurte à une résistance passive des populations qui
continuent à jouer à la paume ou à la soule. A Saint-Amand, les
échevins essaient de protéger l’abbaye et son cimetière des
incursions des passionnés de la balle. Les joueurs, chassés de la ville,
se retrouvent aux limites de la commune. Au 18e siècle, le
problème du jeu est devenu moins un sujet idéologique et religieux qu’une
simple question de sécurité publique.
L’idée de réserver un espace public à la pratique des activités
de plein air ne s’impose pas. Le terrain de jeu reste un enclos privé
à l’intérieur d’un palais, d’un collège ou d’une auberge.
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Ordonnance
du gouverneur de Lille défendant de jouer à la palme, palette… 28
janvier 1600, B 1836 folio 19 |