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A quelques
rares exceptions près, le football s’est développé sur des terrains
de fortune. La plupart du temps, les équipes se rencontrent sur un champ
loué à cet effet. Même dans une grande ville comme Lille, les terrains
se multiplient dans les zones découvertes environnantes, dans la zone non
aedificandi qui borde les remparts jusqu’en 1919. Dans toute la zone
du bois de la Deûle, à proximité de l’hippodrome, se regroupent les
principaux terrains d’entraînement et de jeu sur le territoire de Lille
ou sur celui de Lambersart. Les terrains de l’Olympique Lillois qui
s’impose, dès le début du siècle, comme le club de football de la
cité, sont aménagés sommairement. Une tribune assez médiocre n’accueille
que les plus fortunés des spectateurs. Les autres se bousculent autour de
la pelouse. Jules Bigot, qui arrive de Bully-les-Mines au début des
années 1930, est étonné de ne pas disposer, en tant que joueur, de
vestiaires, et de devoir se laver dans une bassine sur le terrain
lui-même. A l’entraînement, les joueurs amateurs ou professionnels
peuvent se changer dans l’estaminet " au Canon d’Argent "
à Lambersart.
Une telle pénurie d’installations résulte de l’insuffisance des
moyens financiers. L’Olympique Lillois est un club qui ne
perçoit pas de subventions. Les joueurs ne sont pas rémunérés, tout au
moins officiellement jusqu’en 1932.
Les vrais stades se construisent soit grâce à l’argent public, soit
grâce à l’intervention de quelques puissants entrepreneurs, qui y
voient l’occasion de développer une politique paternaliste. Roubaix est
l’une des seules cités qui réunisse les deux cas de figure.
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Le terrain de l’avenue de Dunkerque à Lille, Les Sports du Nord,
3 avril 1927

Le stade Henri-Jooris à Lille avant sa destruction en 1975,
photographie archives de la Voix du Nord
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