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Né en
Angleterre, le football-association apparaît en France, en 1872 avec la
création du Havre Athlétic Club, mais il ne connaît une
diffusion importante dans le Nord, en Normandie et à Paris qu’à partir
des années 1890. Dans le Nord, le football-association est introduit à
Roubaix et à Tourcoing dès les années 1880 par les fils d’industriels
du textile de retour d’Angleterre, où ils ont pu admirer l’organisation
déjà puissante du sport anglais.
Le succès du football-association est lié à la facilité avec
laquelle il peut être pratiqué : il peut se jouer partout, y
compris sur des espaces restreints et durs, qui sont ceux que l’on
trouve en ville. La pluie et les intempéries ne sont pas susceptibles,
sauf à de rares exceptions, d’interrompre ou d’empêcher le jeu, ce
qui dans un climat pluvieux est un élément majeur. Même si la règle
veut que les équipes soient composées de onze joueurs chacune, il n'est
pas utile d’être aussi nombreux dans un cadre amical. Enfin, l’équipement
n’est pas extrêmement onéreux : un ballon coûte au début du
siècle entre 11,50 F et 15,50 F, des chaussures entre 9,50 F et 18,90 F.
Aussi la pratique du football-association atteint-elle rapidement les
milieux populaires.
Pour lutter contre la réticence des familles à laisser leurs enfants
pratiquer une activité considérée à l’origine comme violente et sans
intérêt, le football-association est paré, par ses défenseurs, de
toutes les vertus pédagogiques possibles. Nombreux sont les livres,
particulièrement pour la jeunesse qui en font le révélateur des
qualités essentielles de la vie. Hip ! Hip ! Hurrah !
par Norbert Sevestre, paru en 1930, raconte encore les infortunes du jeune
Fernand Rivoire. Elève de l’institution Delage, il est le capitaine de
l’équipe de football du collège. Le directeur de l’institution " voyait
sans inquiétude se développer l’esprit sportif de ses pensionnaires.
Il n’eût pas toléré que le jeu fît tort à leurs leçons, mais il se
félicitait d’une émulation qui les détournait des distractions trop
casanières dont certains enfants ont le tort de s’accommoder.
Constatant que l’association n’est pas plus brutale que les barres ou
le cricket quand on le joue suivant les règles, et qu’elle offre l’avantage
de tremper les caractères comme les corps, il s’efforçait d’y
intéresser tout son petit monde. "
Dénoncé injustement par un camarade qui jalouse sa place de
capitaine, Fernand est malheureusement renvoyé et doit se placer en
apprentissage. Montrant de nombreuses qualités, il propose à son patron
de monter une équipe de football formée par les apprentis. " A
la vérité, l’industriel n’entendait pas contrarier une initiative
aussi intéressante que celle de Fernand. Il savait l’heureuse
métamorphose qui s’opérait chez ses apprentis, dont l’esprit
devenait meilleur depuis que le football faisait le thème de leurs
conversation et l’objet de leurs aspirations. Au lieu de rôder et
marauder sur les quais de la darse, ils s’adonnaient au sport avec une
sorte de fureur et y consacraient tous leurs loisirs pour le soulagement
des sergents de la ville et des gardiens du commerce que n’exaspéraient
plus leurs méfaits ".
Tout finit pour le mieux : grâce à ses qualités de capitaine,
Fernand fait triompher son équipe et confond le rival félon, fils d’un
espion allemand, lui aussi démasqué.
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Le championnat du Nord de football, Les Sports du Nord, 1er
décembre 1929

Les grandes équipes de football association, carte postale, sans
date, 30 Fi vie lilloise 396

Couverture du livre, Norbert Sevestre, Hip ! Hip !
Hurrah !, Hachette, Paris, 1930
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