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La légende
veut que le football- rugby soit le résultat de la révolte des élèves
de la high school de Rugby, en Angleterre, contre l’interdiction de
jouer avec les mains imposée par la Football Association en 1863,
rejet aristocratique contre une règle qui vise à pacifier le jeu.
En réalité, le football-rugby a été développé par le pasteur
Thomas Arnold à partir de 1828, dans le but de réformer le système
scolaire anglais, en luttant contre l’indiscipline généralisée qui
règne alors dans les high schools. Dans l’esprit du réformateur, le
jeu est étroitement associé au développement d’un self-government des
élèves, seule véritable œuvre d’éducation.
Contrairement au football-association dont le jeu favorise beaucoup
plus les talents individuels, le rugby suppose une action collective
mûrement réfléchie, qui s’appuie sur l’entente décisive des quinze
joueurs. C’est cet aspect stratégique qui séduit les avocats du rugby.
" Ce qui est admirable dans le football [le rugby], c’est
le perpétuel mélange d’individualisme et de discipline, la nécessité
pour chaque homme de raisonner, de calculer, de se décider pour lui-même
et en même temps de subordonner ses raisonnements, ses calculs, ses
décisions à ceux du capitaine. " (Pierre de Coubertin,
1897).
A l’image de Pierre de Coubertin, l’U. S. F.S.A. donne sa
préférence au rugby sur l’association. Mais, le succès du
football-association est irrésistible. Il finit même par évincer
totalement le rugby dans la moitié nord du pays. C’est le cas dans le
Nord où le rugby demeure une curiosité essentiellement
universitaire : les facultés catholiques y voient le prolongement
des innovations pédagogiques britanniques. Certes, tous les clubs
multisports ont une section qui lui est consacrée, mais celle-ci reste
très minoritaire. Les causes d’un tel déclin sont incertaines :
caractère aristocratique du rugby, maintien de l’amateurisme alors que
très vite l’association s’engage dans la professionnalisation. Les
soutiens financiers se sont portés sur le football-association. Le
patronat, particulièrement, a créé et soutenu des équipes. Mais, c’est peut-être plus le résultat de la popularité même
du jeu que d’un choix délibéré.
Dans les régions très urbanisées comme le Nord, la possibilité de
jouer sur n’importe quel terrain par n’importe quel temps est
peut-être un élément favorable.
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Un beau match de rugby, à Lille, Les Sports
du Nord, 3 avril 1927

Rugby Amateur Club lillois, 1924, Archives municipales de Lille

Équipe de rugby du 110e régiment d’infanterie, Le
Grand Hebdomadaire Illustré, 1er janvier 1928, p.8
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