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La
compétition sportive n’est pas systématiquement liée à l’existence
d’un lieu artificiellement aménagé : les courses à pied sur
route, les compétitions cyclistes de ville à ville… trouvent un cadre
banal qui leur convient amplement. De nombreuses activités physiques l’exigent
cependant et la construction de telles infrastructures est probablement le
meilleur indice du développement de la pratique sportive.
L’hippodrome de Lille est inauguré en 1884. Pourtant des
rencontres avaient eu lieu auparavant dès le milieu du 19e
siècle mais de façon plus épisodique. La construction de l’hippodrome
résulte en fait de la constitution d’une société privée de courses
en 1882, qui a reçu le soutien de la municipalité lilloise, mais qui
conserve son indépendance juridique et financière. L’investissement
est relativement faible : le terrain se trouve au contact de la
ville, dans une zone marécageuse que seuls des fossés à ciel ouvert
viennent drainer. Quelques barrières délimitent la piste. Une tribune
unique et relativement restreinte est installée au droit de la ligne d’arrivée.
L’hippodrome constitue alors une affaire rentable, mais surtout un
équipement urbain considéré comme aussi essentiel que le théâtre.
Celui de Lille se situe dans le prolongement de la Citadelle et du bois
qui l’entoure et qui est bientôt reconnu comme le bois de Boulogne.
Le bois est la réplique bien modeste du jardin que Napoléon III fait
aménager aux portes de Paris et qui comporte plusieurs champs de course.
La proximité de l’hippodrome attire l’une des opérations
immobilières les plus originales de la banlieue immédiate de
Lille : la construction de l’avenue de l’Hippodrome à
Lambersart. Quelques architectes lillois de renom –Albert Baert entre
autres- ont créé une société immobilière dans le but de lotir de
maisons bourgeoises la nouvelle voie. L’ensemble forme l’une des
plus belles avenues de la cité et l’une des premières tentatives pour
installer la ville à la campagne.
A Malo-les-Bains, les courses ont lieu sur un champ de courses
provisoire aménagé sur la plage. Il n'en constitue pas moins l’un des
attraits de la station balnéaire en construction au 19e
siècle. Toutes les villes d’une certaine importance comme Valenciennes
cherchent à se doter d’un tel équipement, indispensable à leur
prestige et à leur développement.
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Plan du champ de courses, Bibliothèque municipale de
Lille, fonds Humbert, XXXIV, 204

Inauguration de l'hippodrome du bois de la Deûle, les Saisons,
n°40, octobre 1884

Panorama de l'hippodrome du bois de la
Deûle, 19esiècle, album Boldoduc, bibl.1362
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