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La médiocre
qualité des eaux dans les villes industrielles du 19e siècle
est un phénomène connu, qui a suscité d’abord l’inquiétude des
contemporains puis une lutte longue et continue jusqu’au milieu du 20e
siècle au moins.
Le typhus et la typhoïde existent à l’état endémique. Le choléra a
atteint Lille comme Paris dans la première moitié du 19e
siècle. La mortalité liée à de telles maladies est encore
considérable à la fin du siècle. A Lille, hygiénistes et médecins
dénoncent rapidement les canaux à ciel ouvert et la rivière, où se
mélangent les eaux propres et les eaux usées. Le réseau d’égouts
reste longtemps notoirement insuffisant.
Les autorités urbaines réagissent en créant un réseau d’assainissement,
en particulier la station d’épuration de La Madeleine et surtout un
réseau puissant d’adduction d’eau pour faire face à la pénurie en
quantité et en qualité de l’eau.
Lille, Roubaix et Tourcoing multiplient les réservoirs à usage
domestique ou industriel.
La suspicion n’empêche cependant pas la pratique de la natation dans
les eaux polluées. Une semblable pratique, très ancienne, se perpétue
jusque dans l’entre-deux-guerres. A l’image des grandes cités comme
Paris, Lille et Dunkerque ont leur traversée de la ville à la nage, une
compétition très populaire et très recherchée. Beaucoup de
compétiteurs sont des dockers du port –fluvial ou maritime- qui ont
avec l’eau une connivence traditionnelle, déjà attestée au 18e
siècle.
Beaucoup d’écoles de natation sont de simples bassins aménagés dans
une dérivation du canal ou de la rivière.
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La baignade, étiquette, sans date, 9b Fi 263

La 15e traversée de Dunkerque
à la nage, Les sports du Nord, 25 août 1929

La traversée de Lille à la nage, l’Echo du Nord,
14 juillet 1912
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