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La
gymnastique est " l’art d’exercer, de fortifier et de
développer le corps humain par un certain nombre d’exercices
physiques " (dictionnaire Larousse). Elle se développe
parallèlement et en concurrence avec le sport proprement dit. En
Allemagne comme en France, la gymnastique connaît un développement plus
précoce et plus important.
Plusieurs types de gymnastique coexistent et restent rivaux. La
gymnastique militaire est apparue en France, sous l’impulsion du colonel
Amoros, au début du 19e siècle. Elle est hégémonique grâce
à la création en 1852 de l’école militaire de Joinville, qui forme
les moniteurs et les maîtres de gymnastique et organise les épreuves
pour le certificat de professeur de gymnastique. Elle allie des exercices
physiques, parfois violents, qui utilisent les anneaux et les barres
parallèles, à une éducation morale, qui valorise le courage et le
sacrifice de soi.
A la fin du 19e siècle, sous l’influence de la
gymnastique suédoise inventée par Per Henrik Ling, se répand la
gymnastique médicale plus douce et moins violente, dont le but est à la
fois l’hygiène et la santé. Henri Mennessiez (a) pense que la
gymnastique d’Amoros " doit faire place à une gymnastique
rationnelle et hygiénique, conforme aux besoins physiques de l’enfant
et de l’écolier et capable d’assurer le développement harmonique et
régulier du squelette et des masses musculaires " (1891).
Les travaux de Georges Demeny (voir n°48) modifient encore
considérablement l’approche physiologique de la gymnastique. Georges
Hébert réalise, avec la gymnastique naturelle, une synthèse entre les
exigences de l’une et l’autre gymnastique, qui est à la base de la
méthode française (voir n° 95).
Le culturisme apporte une dimension esthétisante à la gymnastique. C’est
Edmond Desbonnet qui fonde la première école de culture physique en
1885, au fond d’une cour de café " Au Mirliton ",
rue Nicolas-Leblanc à Lille. L’école de plein air et de culture
physique se transporte ensuite rue d’Artois et place du Théâtre, puis
à Roubaix. Le succès ne vient cependant qu’après un déménagement à
Paris en 1899. Grâce à la formation de professeurs de culture physique,
un réseau de salles se développe en France. Un journal est créé.
Edmond Desbonnet donne la priorité à la force et à la santé.
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H.Mennessiez, La gymnastique rationnelle appliquée à l’hygiène
et au développement du corps humain, Paris, 1891, coll. privée C.
Fouret



L’école de culture physique d’Edmond Desbonnet, Plein Nord,
n°55, 1979, p. 15
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