LE PREMIER MAI À FOURMIES

ORIGINES DU 1er MAI

PREPARATION DE LA JOURNEE DU 1er MAI LA FUSILLADE LA PORTEE DE L'EVENEMENT

Les chansons populaires et les chansons des rues

ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES

LE DÉBAT PARLEMENTAIRE

 

3 mai

Paris, Chambre des Députés. La majorité opportuniste se prépare au débat sur la fusillade.

Interpellation du socialiste Jean-Baptiste DUMAY. CONSTANS fait renvoyer la discussion au lendemain, après les funérailles, GRANGER (blanquiste devenu boulangiste) l’injurie : " Taisez-vous, assassin des ouvriers ! ".

4 mai

Vers 15 heures, même lieu. Le débat s’ouvre.

DUMAY : Foumies, c’est "une exécution sommaire ", le 1er mai, " le préliminaire d’un 89 ouvrier ".

A COSTANS : " Vous porterez toute votre vie le stigmate de Fourmies, comme l’Empire porte le stigmate de La Ricamarie ".

De MUN (leader catholique social) : " Le maire et le préfet devaient être entre les soldats et les ouvriers ". Applaudissements à droite.

ROCHE (syndicaliste révolutionnaire lui aussi passé au boulangisme) exhibe à la Tribune la chemise ensanglantée d’Emile SEGAUX qu’il a ramenée de Fourmies : " Abominable tragédie ! " ; le mal vient de CONSTANS et de ses subordonnés ; la troupe n’a fait qu’obéir ; " on a déshonoré les soldats ! ".

CONSTANS : " La gendarmerie locale a pu distinguer dans la foule toute la clientèle ordinaire des contrebandiers et des gens sans aveu qu’on peut évaluer à 500 ou 600 à Fourmies ", et il défend son sous-préfet. MILLERAND (républicain radical) : trois " fautes " expliquent la fusillade : le manifeste patronal, l’envoi d’infanterie au lieu de cavalerie, l’absence du pouvoir civil. Il propose la création d’une commission d’enquête. DE CASSAGNAC (conservateur) : " Mettez-vous l’Armée en dehors ? ".

MILLERAND : " Assurément ".

DE FREYCINET (Président du Conseil et Ministre de la Guerre) : l’Armée se considérera de toute façon " comme englobée dans (toute) enquête ". Il faut la refuser.

La proposition est repoussée par 368 voix contre 172.

5 mai

Vote à l’unanimité d’un secours de 50 000 F aux familles des victimes.

8 mai, matin

CONSTANS obtient l’aval du Président du Conseil pour faire arrêter CULINE.

8 mai, après-midi

 

Chambre des Députés, débat d’une proposition d’amnistier tous les manifestants du 1er Mai, déposée par les radicaux, les socialistes et les boulangistes.

CLEMENCEAU (radical) : " Messieurs, n’êtes-vous pas frappés de l’importance qu’a prise cette date du 1er Mai ? (…) Si bien qu’il éclate aux yeux des moins clairvoyants que partout le monde des travailleurs est en émoi, que quelque chose de nouveau vient de surgir, qu’une force nouvelle et redoutable était apparue, dont les hommes politiques auraient désormais à tenir compte. Qu’est-ce que c’est ? Il faut avoir le courage de le dire, et dans la forme même adoptée par les promoteurs du mouvement : c’est le Quatrième Etat qui se lève et qui arrive à la conquête du pouvoir. (…) Il y a quelque part sur le pavé de Fourmies une tache de sang qu’il faut laver à tout prix… Prenez garde ! Les morts sont de grands convertisseurs ; il faut s’occuper des morts ! ".

L’amnistie est repoussée par 294 voix contre 191.