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DUNKERQUE 1914-1918

Une ville à l'arrière du front

LES SERVICES DE SANTE

 

Si Dunkerque a la mission de ravitailler les troupes au combat, lui revient aussi la lourde charge d’accueillir et de soigner les nombreux blessés qui en reviennent. Au début du conflit, la capacité d’accueil s’élève à environ 2300 lits. Les conditions paraissent satisfaisantes bien qu’il ait fallu réquisitionner en plus de hôpitaux militaires et civils, l’hospice de vieillards, les collèges Fénelon et Lamartine, l’institut Dunkerquois, les écoles Trystram et Sévigné, les locaux des Petites Sœurs des Pauvres et surtout le sanatorium de Zuydcoote qui offre à lui seul plus de 600 lits. Le docteur Beigneux, qui assure la direction de la santé publique est rapidement submergé par le nombre de blessés à accueillir. Plus de 120 000 arrivent à Dunkerque pendant la bataille de l’Yser durant l’automne 1914. Au plus fort des combats, la ville offre plus de 7 000 lits que l’on a installés dans des endroits de fortune comme le collège Jean-Bart ou celui des Dunes et même dans les casinos de Malo et Malo-terminus où sont regroupés les convalescents. Les médecins, trop peu nombreux ne dorment que 3 à 4 heures par nuit. L’apparition de maladies contagieuses vient encore compliquer la tâche du médecin-chef Beigneux. A partir de la fin du mois d’octobre, la fièvre typhoïde fait des ravages. 20, 30 et jusque 100 malades contagieux arrivent chaque jour dans les hôpitaux de la ville. Au total c’est plus de 10 000 cas de typhus qu’il faut prendre en charge, auxquels s’ajoutent les épidémies de rougeole et de scarlatine. Le docteur Beigneux décide d’ouvrir un service spécial à Zuydcoote . Celui-ci s’avère rapidement trop petit, il faut y ajouter des baraques supplémentaires . On se décide même à accueillir les soldats contagieux à l’hôpital et à l’hospice de Rosendaël, puis chez les Petites Sœurs des Pauvres et enfin dans les collèges réquisitionnés. Les autorités médicales craignent que l’épidémie ne gagne la population civile. La situation s’améliore heureusement durant l’hiver 1915, avant que l’été n’apporte une épidémie de dysenterie. Dunkerque reçoit aussi de nombreux gazés lors de la bataille d’Ypres.

A partir de 1916, les combats sont moins intenses dans la région de la Flandre maritime et beaucoup d’établissements scolaires peuvent être rendus à leur utilité première. Le collège Lamartine, bâtiment de construction très récente est cependant maintenu comme hôpital militaire compte tenu de son aspect fonctionnel. Le collège Jean-Bart assure alors en alternance, le matin ou l’après- midi l’enseignement des filles, puis des garçons. Même dans des circonstances aussi exceptionnelles on n’envisage pas à cette époque la mixité !

Peu à peu, le rôle principal de la ville devient celui d’un centre de triage chargé de l’évacuation rationnelle des blessés et des malades. La gare est alors le centre névralgique et les convois sanitaires se suivent, laissant sur place les plus atteints et évacuant sur d’autres villes de la région les patients transportables . Plusieurs milliers de soldats décèdent ainsi dans notre ville et trois concessions perpétuelles ( française, belge et anglaise) sont créées au cimetière municipal. Le 2 novembre 1915, un monument funéraire est inauguré au milieu de la nécropole. Quelques soldats américains, russes, italiens, et même allemands sont aussi enterrés dans le sol dunkerquois. Durant toute la guerre, les enfants des écoles vont régulièrement honorer, lors des fêtes de Toussaint ou du 14 juillet , les tombes des soldats alliés. Le 14 juillet 1915, ils y déposent même les couronnes de fleurs en papier prévues pour décorer la ville lors de la visite du président Poincaré en juillet 1914.

PHOTOGRAPHIE D’UN GROUPE D’INFIRMIERES DANS LA COUR DU SANATORIUM DE ZUYDCOOTE . SEPTEMBRE 1917

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