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DUNKERQUE 1914-1918

Une ville à l'arrière du front

LE RÔLE DE L’AVIATION

 

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PHOTOGRAPHIE D’UN AVION ALLEMAND EXPOSE PLACE JEAN BART . 23 SEPTEMDRE 1917

Le 22 septembre 1917, à la demande de la municipalité, le général Antoine, commandant de l’armée, accepte que les avions ennemis abattus soient exposés pendant 2 à 3 jours sur la place Jean Bart. Cette mesure vise à prouver aux populations l’efficacité des ripostes anti-aériennes. Elle procure sûrement aussi un vif plaisir aux Dunkerquois qui, depuis 1914, craignent l’apparition de ce genre d’engins dans leurs cieux. Le premier avion est exposé le 23 septembre et attire de nombreux badauds. Il s’agit d’un biplace Rumpler vert décoré de la croix de Malte et abattu par la DCA, qui en compte 14 à son actif pour la durée des hostilités. Les escadrilles de chasse, basées autour de Dunkerque, sont également très actives. En mai 1917, un combat aérien entre un avion allemand et un appareil anglais a lieu sous les yeux des Dunkerquois, à peu près au dessus du Fort-Louis. La bataille tourne à l’avantage du pilote anglais et l’avion allemand s’écrase dans un jardin à Rosendaël, rue de Liem, devant des habitants stupéfaits. Le pilote est tué, on retrouve le corps de l’officier d’observation dans un champ à Coudekerque-Branche.
L’essentiel des forces aériennes autour de Dunkerque se situe au champ d’aviation de Saint-Pol-sur-Mer. Celui- ci est inauguré en 1913 et les premières escadrilles anglaises s’y installent en septembre 1914. Les forces belges les y rejoignent lors de l’avance Allemande avant de prendre position à Bray-Dunes et Hondschoote. Les avions Français sont d’abord peu nombreux ( 4 appareils en 1914 !) mais se renforcent rapidement. En 1915, la France aligne à Dunkerque 2 escadrilles de reconnaissance, une escadrille de bombardement et 2 appareils de surveillance de la ville. Cependant les forces anglaises restent les plus importantes. L’aérodrome de Saint-Pol devient insuffisant et les alliés installent des bases à Petite-Synthe, Coudekerque-Branche., Téteghem, Bray- Dunes et Bergues. En 1918, l’aviation Anglaise totalise plus de 200 appareils et 5 000 hommes sur le site. A cela viennent s’ajouter quelques escadrilles Américaines.
Dunkerque abrite aussi une base d’hydravions, située à l’entrée du port, près des chantiers de France. Cette base aérienne navale est gérée par les Français et les Anglais et renforcée en 1918 par quelques appareils américains. Elle a pour rôle de surveiller le large et de permettre en toutes circonstances la navigation dans le port de Dunkerque. Ses opérations sont dirigées contre les sous marins allemands, les navires suspects, les mines sous marines et les bases-maritimes ennemies.
Le rôle principal de l’aviation n’est certes pas la protection de la ville ,mais l’attaque du front allemand situé en Belgique. Dunkerque sert de point de départ pour aller bombarder les aérodromes, les hangars à zeppelins, les docks et les bassins utilisés par l’armée allemande, qui a installé le quartier général de sa marine à Ostende. L’occupation de la côte belge permet aux Allemands de protéger le flanc droit de leur armée et d’installer des bases pour leurs sous-marins. La Belgique constitue aussi le point de départ des raids aériens contre Londres ou les industries anglaises. Dunkerque devient donc une base de première importance au point de vue stratégique. Le terrain d’aviation de Saint-Pol voit passer des hommes prestigieux, comme Roland Garros en 1915. En avril 1917 arrive Charles Nungesser, déjà auréolé de gloire. Le 9mai, il remporte sa 25° victoire aérienne, le 26 juin il livre seul un combat contre 6 appareils allemands. Deux sont détruits, les 4 autres prennent la fuite. La ville de Dunkerque veut à son tour célébrer l’exploit et lui offre le 11 juillet la médaille de la ville. A 25 ans, il avait déjà reçu la croix de guerre et la légion d’honneur. Mais c’est sans doute Georges Guynemer qui occupe la plus grande place dans le cœur des Dunkerquois. Il arrive en juillet 1917 pour la grande offensive des Flandres avec la fameuse escadrille des cigognes dirigée par le commandant Brocart. Il n’a que 23 ans et trouve la mort le 11 septembre 1917 dans le ciel flamand au terme de 53 combats victorieux. Ces as de l’aviation, qui vient tout juste de naître, apparaissent comme les grands héros de ce conflit où les tranchées permettent peu l’exploit personnel.