
AFFICHE POUR LEMPRUNT DE LA DEFENSE NATIONALE |
Le sens civique des populations est souvent mis à contribution au
cours du conflit. Dès août 1914 les Dunkerquois font lassaut des banques pour y
retirer leurs économies, plus en sûreté au fond dun bas de laine ou dune
lessiveuse. Le gouvernement limite donc les retraits bancaires dès le 24 septembre 1914.
Le maire se fait régulièrement le relais du gouvernement pour appeler ses concitoyens à
soutenir l'effort surhumain des poilus en échangeant leur or contre des billets ou des
bons de la défense nationale. Certains donnent leur sang dans les tranchées, ceux qui ne
sont pas appelés à ce sacrifice peuvent aussi concourir à la victoire en sacrifiant
leurs économies. La thésaurisation est un danger réel pour le pays rappelle le
sous-préfet en septembre 1916, surtout lorsque certains sont tentés daller abriter
leurs deniers en Suisse.
En septembre 1915, un nouvel appel à lor des Français est lancé et dans toutes
les villes qui possèdent comme Dunkerque une succursale de la banque de France, les
maires sont invités à convaincre leurs concitoyens dy déposer leur or. Une
affiche en ce sens est placardée sur les murs de la ville. En effet, dans cette période
troublée, lor apparaît pour beaucoup comme une valeur refuge ne risquant pas de
perdre sa valeur. En septembre 1915 le sous préfet signale que certains commerçants
pratiquent des rabais contre le paiement en or et fustige cette pratique contraire à
lintérêt du pays.
Le discours civique est relayé par diverses associations sportives ou philantropiques
telle que lassociation dunkerquoise de gymnastique qui édite cette affiche
pathétique. Lécole aussi est mise à contribution . En octobre 1916, le
ministre de linstruction publique, qui était alors Paul Painlevé, demande à
linspection académique de rappeler aux instituteurs quils doivent utiliser
leur autorité morale pour faire comprendre aux retardataires où est leur
devoir. : " Quiconque pouvant souscrire à lemprunt et qui ne
souscrit pas déserte ".
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