Comme partout ailleurs larmistice du 11 novembre 1918 est
accueilli avec un énorme soulagement, mais à Dunkerque, il signifie aussi la fin des
bombardements et lenvol définitif des menaces qui pesaient sur la ville. En effet
au printemps 1918, on a frôlé le pire. Le 9 avril loffensive allemande reprend
dans les Flandres, Merville, Armentières, Bailleul tombent aux mains de lennemi et
une nouvelle fois, comme en octobre 1914, on craint la prise du port de Dunkerque. Le
général Foch, qui reste cependant confiant, accepte sous la pression anglaise
denvisager lévacuation de tout le matériel portuaire. Les anglais veulent
absolument éviter toute utilisation de loutil portuaire par lennemi. Dès le
16 avril 1918, létat-major anglais annonce à Foch par courrier que toutes les
meseures sont prises pour assurer en moins de quatre jours la destruction du port de
Dunkerque par du personnel anglais. La France entend cependant rester maîtresse de la
situation. .Le 13 avril, le ministre des travaux publics a déjà donné lordre de
faire un inventaire des marchandises en souffrance sur les quais et dans les entrepôts
afin de les évacuer vers dautres ports français. On demande aux industriels de
faire connaître leurs stocks mais beaucoup sont très réticents, changeant leurs
chiffres du jour au lendemain selon les variations des cours ou les nouvelles du front.
Foch confie à lamiral Ronarch la charge de détruire les installations
sil en donnait personnellement lordre. Chaque service doit préparer
lenlèvement de son matériel transportable et prévoir la destruction pure et
simple du reste , en particulier les usines délectricité et de gaz, les
pompes des bassins, les magasins dapprovisionnement. Le génie prépare pour sa part
la mise hors service des routes, gares et voies ferrées, la destruction des écluses
commandant les inondations et lembouteillage du chenal par des bateaux remplis de
ciment.
Le maire, de son côté , ne reste pas inactif et dans le plus grand secret, pour ne pas
affoler les populations, il met en place un plan dévacuation de la ville. Celle-ci
est divisée en secteurs organisés autour dun élu municipal et dun lieu de
rassemblement. On prévoit une quarantaine de trains pour les 30 à 40 000 personnes qui
devront séquiper de vivres, couvertures et papiers.
Le danger reste très présent jusque la fin de lété 1918. Le 9 août, le ministre
de la marine accepte le principe de la destruction du port par les Anglais, mais exige que
lexécution en soit confiée à lamiral Ronarch. Heureusement pour notre
cité, en septembre les troupes allemandes sont repoussées sur tous les fronts et tout
danger est écarté. Dunkerque peut, jusquau bout du conflit, poursuivre son
activité portuaire.
Henri Terquem est donc particulièrement heureux de rappeler le courage de sa cité qui
dès le 20 octobre 1917 avaient reçu la citation de " ville héroïque, sert
dexemple à toute la nation " et ceci en raison des bombardements
quelle avait dû affronter depuis le début de la guerre. Ses concitoyens nont
pas démenti les paroles quil leur avait adressées le 2 août 1914. La bonne
conduite de notre ville lui vaut d ailleurs trois décorations :
- La croix de guerre dès octobre 1917 (elle lobtiendra aussi
lors de la seconde guerre mondiale).
- La distinguished Services Cross remise le 18 mars 1919 par
lamiral Keyes au nom de George V
- La croix de Chevalier de la légion dhonneur accordée par
Raymond Poincaré le 10 août 1919Le bilan savère cependant bien lourd : 1500
enfants de Jean-Bart sont tombés pour la France. Près de 3000 habitations sont
endommagées ou à reconstruire. Dunkerque a bien mérité de la Patrie.
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AFFICHE MUNICIPALE COMMENTANT LA FIN DES COMBATS - 12 NOVEMBRE 1918 - |