| Le Règne des Champignons | ||||||||||||||||||||||
| Depuis les tavaux de Wittaker et de Kendrick, l'ensemble de la biosphère est classé en cinq règnes principaux : 1. les Procaryotes
: bactéries et cyanobactéries dépourvues de noyau. Remarque : plusieurs groupes de position systématique délicate, sont actuellement placés dans les Protistes ; pour simplifier la classification et ne pas entrer dans des considérations phylogénétiques complexes, nous les conserverons sous cette "étiquette" unique.
Vue d'ensemble simplifiée des caractères des 5 règnes Les champignons ne sont donc plus placés parmi les Végétaux (en tant que Cryptogames, Thallophytes, non chlorophylliens) ; ils constituent un règne autonome, le cinquième règne ou règne fongique [du latin fungus = champignon].
Caractères des champignons :1 - eucaryotes : les chromosomes sont enfermés dans un noyau ; 2 - hétérotrophes : incapables d'utiliser l'énergie solaire, ils utilisent de nombreuses molécules carbonées fabriquées par d'autres êtres vivants ; 3 - absorbotrophes : dépourvus de racines, tiges et feuilles, leurs cellules permettant la nutrition par absorption ; 4 - leur appareil végétatif est ramifié, diffus et tubulaire ; il est constitué de filaments fins enchevêtrés, les hyphes, à croissance apicale ; 5 - fabrication de substances qui leur sont propres (tréhalose, mannitol...), leur paroi contient de la callose, de l'hémicellulose et de la chitine (voisine de la chitine des insectes) ; leur premier polymère glucidique est le glycogène ; 6 - reproduction par des spores de natures diverses, issues d'une reproduction asexuée ou sexuée (et alors haploïdes après une phase à dicaryon plus ou moins longue) ; élaboration fréquente de structures de formes très variables portant ces spores : les sporophores. 7 - spores non flagellées (uniflagellées chez les Chitridiomycota).
Modes de vie des champignons :Les champignons, dépourvus de chlorophylle, sont incapables d'utiliser l'énergie solaire. Pour se développer ils vont exploiter (comme nous le faisons nous-mêmes) l'énergie provenant de la dégradation de la matière organique élaborée par d'autres êtres vivants. Ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone et trouvent leur "nourriture" selon 3 modalités différentes. La nécrotrophie [ou saprophytisme] : Les champignons nécrotrophes (autrefois appelés saprophytes) se développent aux dépens de la matière organique en décomposition (litière, bois mort, excréments...). Ce mécanisme permet le recyclage des éléments à la surface de la planète. Le biotrophie [ou parasitisme] : Les champignons biotrophes (ce terme est actuellement préféré à celui de "parasites") puisent leur matière organique dans un être vivant (animal, champignon ou végétal) et provoquent diverses maladies dont les mycoses humaines. De nombreuses plantes cultivées sont ainsi la proie de champignons microscopiques (oïdiums, fusariums, rouilles...). La symbiose :
Classification des champignons :Le règne fongique comprend actuellement environ 70 000 espèces recensées (parmi lesquelles 13500 sont lichénisées et font l'objet d'une science autonome : la lichénologie). Mais les estimations actuelles, proposées par extrapolation, évaluent le nombre effectif de champignons, à la surface de la planète, à plus d'un million d'espèces. Les organismes fongoïdes [ce terme non officiel rassemble artificiellement l'ensemble des organismes classiquement étudiés par les mycologues et donc considérés comme des "champignons" au sens strict, mais appartenant actuellement soit au règne fongique, soit à d'autres règnes] étudiés par les mycologues peuvent être répartis en 3 groupes d'origine phylogénétique diverses (seul le dernier groupe doit actuellement être conservé dans le règne fongique) : 1. les "Myxostelideae" : |
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| Les "Myxostelideae"
classiquement appelés Myxomycètes [autrefois de la division des Gymnomycota] : ils
possédent un plasmode et assurent leur nutrition par phagocytose. Ils ne présentent pas
les caractères énumérés précédemment et ne peuvent plus être considérés comme des
champignons au sens strict (Certains sont classés dans les Protistes, d'autres ne peuvent
que faire l'objet d'un règne autonome). Ils sont toutefois étudiés par tradition par
les mycologues. |
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| 2. certains "Stramenopila" : | ||||||||||||||||||||||
| Le groupe monophylétique des "Stramenopila"
contient les Oomycètes (comme les mildious), les diatomées, les algues brunes... Les mycologues étudient depuis toujours les Oomycètes, ceux-ci présentent une reproduction sexuée au cours de laquelle sont élaborées des spores bi-flagellées. Leur thalle n'est pas cloisonné (thalle siphonné, thalle à structure coenocytique). La plupart de ces êtres sont de redoutables parasites de nos cultures (exemple : le mildiou de la vigne...). |
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| 3. les "Mycota" correspondent au règne fongique actuel au sens strict : | ||||||||||||||||||||||
| ayant une reproduction sexuée et produisant des spores
non (ou uni) flagellées. Ce sont ces organismes qui constituent le règne
fongique au sens strict et que nous classons en quatre grandes divisions : - les Chytridiomycota produisant des spores mobiles uniflagellées, - les Zygomycota à spores non flagellées et à thalle siphonné (Trichomycètes et Zygomycètes), - les Ascomycota à spores non flagellées, à thalle septé et formant en général 8 ascospores à l'intérieur de chaque asque (l'asque étant le méiosporange, cellule fertile dans laquelle se déroule la caryogamie et le brassage génétique), - les Basidiomycota à spores non flagellées, à thalle septé et donnant en général 4 basidiospores à l'extérieur de chaque baside (qui constitue ici le méiosporange). Note : les Deuteromycota ou
"Champignons imparfaits" [qui
constituaient une division dans les schémas de classification antérieurs et regroupaient
les formes dépourvues de reproduction sexuée (jamais d'asques ni de basides) mais se
reproduisant uniquement par voie végétative] ne sont plus reconnus en tant que division
autonome : on place ces formes asexuées dans les divisions auxquelles appartiennent leur
phase sexuée (soit Asco- soit Basidiomycota). Si on ignore (pour le moment) à laquelle
de ces divisions appartient leur forme sexuée, deux cas de figure se présentent : |
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