Former à la prévention de l’illettrisme

Les 12 et 15 novembre 2004, le 6 janvier 2005, IUFM d’Arras

 

1 Les participants
2 Pourquoi former à la prévention de l’illettrisme ?

3 Dans la pratique des enseignants, qu’est-ce qui facilite les apprentissages ?

4 Les stages à venir en 2004-2005

5 Eléments de bibliographie

 

Les participants :

Animation prise en charge par

Magalie Béquart

Marie Betaucourt

Me. Fichaux

Souad Jay

Odile Kaddèche

Cyrille Larat

Olivia Lienhart

Jean Denis Masselot

Claudie Masek

Olivier Payelle

Frédérique Narcisse Ségers

François Rose

Patrick Silbermann

Me. Stepien

Anne Wacrenier

DelphineWeill

 

Michelle Calonne, IEN

 

Marlène Guillou, IA IPR

 

Monsieur Leclere, Universitaire CUEEP

 

Arielle Noyere, formatrice associée à l’IUFM

 

Madame Redinger, Apedys

 

Laurence Tordoir, formatrice associée IUFM

 

Michèle Vandrepotte, IA IPR,

 

 

Pourquoi former à la prévention de l’illettrisme ?

 

3% ? 5% ? 15% ? Quel pourcentage « d’illettrés » dans nos classes de collège ou de lycée professionnel ? Sans doute beaucoup moins qu’on ne le dit mais quand même beaucoup trop d’élèves mauvais lecteurs qui «ne comprennent pas ce qu’ils lisent », résistent aux apprentissages, se débrouillent pour « passer à côté » de ce que nous voulons leur apprendre, se font tout petits au fond de la classe, se font oublier, sont parfois ignorés et seront peut-être en danger social d’illettrisme dans quelques années. Or, aucun d’eux ne pourra vivre sans se servir de l’écrit, qu’il s’agisse d’un usage fonctionnel ou d’une utilisation plus fondamentale de toutes les formes d’écrit.

 

Dans certains établissements, des projets nombreux, et souvent très riches, visent à (re)motiver ces élèves en difficulté, à les (ré)concilier avec l’école, sa logique, ses contraintes et ses apprentissages.

Des retraités bénévoles aident et prennent en charge avec beaucoup de générosité une partie des jeunes de lycée professionnel détectés en grande difficulté lors des Journées d’Appel de la Préparation à la Défense.

Tout cela suffit-il ? Nous ne pouvons pas ignorer qu’une tentation existe, même si elle peut parfois partir de bonnes intentions, d’« occuper » ces élèves, de les cantonner dans des exercices répétitifs censés les « préparer » à la lecture ou à l’écriture alors qu’il y a urgence de les aider à apprendre, à comprendre, à s’essayer à la lecture, à l’écriture avant qu’ils ne quittent nos classes.

Les participants à la formation de formateurs « Former à la prévention de l’illettrisme » ont donc principalement cherché à répondre à la question suivante : 

 

Dans la pratique des enseignants, qu’est-ce qui facilite les apprentissages ?

 

L’oralisation

 

Lorsqu’on demande aux adultes aujourd’hui illettrés comment ils jugent l’école, ils n’évoquent ni la lecture ni l’écriture.

Ils reprochent à l’école de ne pas avoir pu s’y exprimer, ils disent qu’ils n’ont pas vécu de moment où ils pouvaient dire ce qu’ils comprenaient, avec leurs mots....

Or, de 60 à 70% du temps du cours est rempli par la parole de l’enseignant. On passe aussi beaucoup de temps à écrire… Que reste-t-il comme temps de parole pour l’élève lorsqu’on sait l’importance de l’oral dans tout apprentissage ?

Le public illettré n’a pas vécu de moment où il pouvait dire ce qu’il comprenait. Il faut que celui qui est en danger d’illettrisme ait aujourd’hui le droit de parler tout haut pour mettre en mots (les siens) ce qu’il comprend.

 

 

La métacognition

ou : comment j’ai appris, comment j’ai compris, comment je pourrais le faire seul…

 

Tous les professeurs aident les élèves à comprendre les textes étudiés ou les activités  à mettre en place. Mais rares sont ceux qui les aident à comprendre comment ils pourraient faire seuls le travail proposé. Or, les élèves en difficulté sont ceux qui ont le plus besoin de transparence dans les apprentissages. Ils ont besoin que les enseignants explicitent les difficultés, qu’ils les aident à repérer des stratégies à mettre en œuvre.

 

 

Ne pas chercher à évacuer les difficultés

 

Le souci compréhensible d’éviter aux élèves en difficulté des situations d’échecs pousse parfois à leur simplifier les tâches, à leur proposer des exercices faciles, stéréotypés, accrocheurs, qui ne nécessitent qu’un faible degré d’investissement et finalement les dispensent d’efforts….

 

Mais aussi….

 

-         Confronter les points de vue et favoriser le débat interprétatif

-         Donner les règles du jeu : favoriser la compréhension des attentes de l’institution (fonctionnement de la classe , ce qu’il faut apprendre etc..)

-         Prendre en compte les savoirs de l’élève et les réinvestir

-         Mettre en place des démarches actives autour de la construction de savoirs : on met les élèves en face de situations/ problèmes, on les laisse se tromper(poser des questions, réajuster)

-         Mettre le plus souvent possible en situation d’écriture

-         Donner un cadre de travail régulier et commun si possible à plusieurs disciplines

-         Utiliser des supports différents

 

Les stages à venir en 2004-2005 :

 

-         Au L.P. de Jeumont les 24 février, 25 février, 28 février

-         Au L. P. Louis Loucheur Roubaix les 1er mars, 4 mars, 14 mars 

-         A l’IUFM de Lille les 8 et 14 mars

-         Au L. P. Fernand Léger de Coudekerque Branche les 7 mars, 10 mars, 4 avril

-         Au L.P. Allende de Béthune les 17 mars,  31 mars, 27 avril

 

 

Eléments de bibliographie :

 

Philippe Meirieu, Apprendre, oui, mais comment ?, ESF 1987

Philippe Meirieu, Scénario pour un métier nouveau, ESF, 1989

Roland Goigoux, Les élèves en grande difficulté de lecture et les enseignements adaptés, Editions du CNEFEI

Bertrand Daunay « La dictée à l’enseignant : un dispositif efficace de la maternelle à l’université ? », Recherches N°27, Dispositifs d’apprentissage, 1997

Denis Fabé « Je fais comme s’ils ne savaient pas lire », Recherches N°36, Difficultés de lecteur, 2002-1